All-Star Superman

Superchiant

Réalisateur : Sam Liu

Avec les voix de : James Denton, Christina Hendricks, Anthony LaPaglia…

Genre : Action molle, Animation figée

Durée : 76 minutes

Sortie : 2011

Synopsis

Alimenté par la haine et la jalousie, Lex Luthor monte un complot élaboré ayant pour but de tuer l’homme d’acier. Luthor parvient à atteindre son objectif en empoisonnant Superman par rayonnement solaire, celui-ci meurt alors petit à petit. Avec les quelques semaines qui lui restent à vivre, il remplit les rêves de sa vie, en particulier révéler sa véritable identité à Lois Lane, jusqu’à ce Luthor proclame son plan ultime pour contrôler le monde sans qu’il n’y ait de héros pour l’arrêter. Ses forces l’abandonnant, Superman s’engage dans une bataille mortelle contre Luthor, bataille pouvant mettre fin au plus grand protecteur de la Terre.

Critique

Superman, à part pour quelques épisodes de séries animées de mon enfance, c’est l’inconnu. Jamais vu ni Smallville, ni les divers films sur le personnage. Niveau comics, j’ai découvert le personnage avec l’une des histoires qui semble « de référence », et dont est tiré ce film d’animationAll-Star Superman, donc.

J’avais déjà fait l’expérience de l’adaptation avec The Dark Knight Returns, proposée comme ici en DVD bonus avec le comics version Urban, initiative à saluer par ailleurs. Le résultat était plutôt réussi, n’éclipsait pas l’original mais le prolongeait avec succès en y ajoutant une musique pertinente et quelques éléments plus propres au format.

Plus décevante est cette version, n’apportant vraiment rien au matériau original et le mettant même à mal par moments. Ici pas de musique collant (joke inside) particulièrement à l’ambiance, il est vrai moins particulière que celle de Miller. De manière générale, il faut dire que le produit de départ n’a pas la richesse de Gotham. Superman m’apparaissait comme un personnage très lisse, un peu chiant, sur lequel au fond, il n’y avait pas grand-chose à dire. Le comics prend le parti plutôt réussi de le confronter à la mortalité par la maladie, initiative audacieuse qui réussit en grande partie grâce au dessin qui donne de somptueuses planches. Car niveau scénario, il y a une forme de patchwork un peu bordélique qui se retrouve de manière amplifiée dans l’adaptation. Un truc plus ou moins sans queue ni tête, avec certes un début et une fin, mais bien peu de lien entre les deux, la maladie grandissante n’étant même que peu représentée et mise en valeur. Le film est aussi bien plus court que The Dark Knight Returns, qui avec ses deux heures trente, prenait le temps de suivre le comics dans ses moindres détails. Ici, même si, encore une fois, il y a moins d’ampleur à la base, le format une heure et quart force à la coupe et à l’accélération, aux dépens de l’immersion. L’effet patchwork, l’impression de sauter du coq à l’âne sans s’accrocher à rien, est multiplié et crée un profond ennui.

Clark Can’t

Le côté lisse de Superman est lui aussi accentué par une animation fade, sans saveur, qui pour le coup colle parfaitement à l’idée que j’avais de Superman : des effets qui font plouf, des couleurs ternes, un manque de contraste… Les yeux s’ennuient tout autant que le cerveau et le cœur. Et là où l’adaptation du comics de Miller parvenait parfois à apporter quelque chose, ici c’est le contraire, le mouvement ne fait que réduire la force visuelle des planches. J’en veux pour preuve le baiser de Superman et Lois Lane sur la Lune, merveilleuse pleine page dans le comics, image reprise ici totalement, mais avec le lever de pied de Lois qui réduit à néant la force visuelle de la planche…

Si le comics ne m’avait pas laissé une marque indélébile, il avait le mérite d’avoir quelques pistes intéressantes. La platitude de l’animation et les choix de coupe rendent son adaptation encore plus inintéressante. Le personnage de Superman est d’un traitement difficile, il faut savoir exploiter ses failles ou jouer sur son esthétique d’invincibilité. All-Star Superman n’en fait rien et ne fait que prolonger l’imagerie d’un super-héros chiantissime.

Amoureux de la culture au sens large, je tente de pratiquer à la fois approfondissement et élargissement, sans que jamais ce ne soit sale. Né la même année que la chute de mur de Berlin (coïncidence ? pas sûr…), j’ai été bercé par Picsou Magazine, les Tortues Ninja, les Minikeums, Pokémon ou encore Final Fantasy VII. J’ai tendance à écrire et parler plus que nécessaire, je vais donc me contenter d’ajouter que je suis aussi professeur des écoles.

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