Batman: The Dark Knight Returns

« We’re all criminals. »

Réalisateur : Jay Oliva

Avec les voix de : Peter Weller, Wade Williams, Michael Emerson, David Selby…

Genre : Animation super-héroïque ; Action chauve et action souris

Durée : 76 minutes + 76 minutes

Sortie : 2012

Synopsis

Partie 1 :

Dans un noir futur, les super héros sont tombés en disgrâce. Batman n’échappe pas à la règle. Mais le retour de Harvey Dent force Bruce à redevenir Batman…

Partie 2 :

Batman, s’activant à arrêter les multiples gangs nés de la dissolution du gang des mutants, voit resurgir un vieil ennemi du passé : le Joker.

Critique

1986 : Frank Miller redonne un coup de fouet au personnage de Batman, faisant sortir Bruce Wayne de dix années de sommeil où il n’a fait que ruminer sur ce qu’il devrait être et qu’il n’est pas. Plus de vingt ans après, DC Entertainment, accompagné de Warner Bros, choisit de rendre hommage à cette histoire devenue culte par un film d’animation. A la réalisation : Jay Oliva, un homme plus ou moins inconnu dont la biographie nous dit qu’il a déjà travaillé sur des séries d’animation produites par DC ou la FOX.

Premier choix judicieux, il y aura deux parties, chacune d’une heure et quart. Car pour rendre compte de la complexité de l’œuvre de Miller sans la compromettre, ni l’élaguer de sa substance, il fallait bien cette durée totale. Sauf qu’un film d’animation de deux heures trente, sauf exception, c’est un peu long et, vues à la suite, on pourrait s’embourber un peu. Alors que là, 75 minutes, pleines d’action, rythmées, sans temps mort, ça fonctionne. Sans revenir sur la substantifique moelle du scénario de Miller (je m’y appesantis sur la critique de la BD), il suffit de dire que l’essentiel est repris dans ces films d’animation, qui reprennent bien la paranoïa ambiante, suivent le scénario à la lettre (dialogues et visuels) et surtout parvient à conserver le caractère sans compromis et profondément désabusé de Batman/Wayne, prêt à tout pour éradiquer le crime. Superman en contrepoids, respectant lui la justice élaborée par la société, est aussi présent.

Bruce tout-luisant

Si l’adaptation est fidèle et réjouira les fans du travail de Miller, il y manque un soupçon d’audace qui existait dans l’esprit de Miller dans les années 80. La fidélité est presque trop forte, nulle surprise. Peut-être le film est-il plus destiné à un public qui n’aurait pas lu le comics, auquel cas il garderait la force que lui a donné Miller. Quelques écarts toutefois pour nuancer mon propos : certaines scènes sont remarquablement animées, notamment dans la deuxième partie (l’arrêt du missile par Superman gagne en force), tandis que d’autres, au contraire, sont moins puissantes et paradoxalement plus immobiles. Pas grand-chose à redire sur le choix des voix, si ce n’est celle de Batman, qui manque parfois de crédibilité (la scène où il harangue ses « fils » à cheval), mais à la limite ça peut aussi coller au personnage vieillissant et sortir des stéréotypes de la voix bien virile, donc pourquoi pas. On peut regretter que les graphismes, s’ils présentent de beaux moments et restent à peu près dans la continuité des autres films d’animation Batman, soient un peu lissesévacuent une part de la noirceur chaotique du travail de Miller. Enfin, bon travail de Christopher Drake sur la musique, qui, là aussi, se situe dans le prolongement de ce qui a pu déjà se faire, une ambiance pour le coup assez sombre, des nappes électroniques qui restent discrètes mais savent distiller l’atmosphère qu’il faut.

Le film de Jay Oliva est donc une assez bonne adaptation du comics de Miller, lui restant fidèle sans vraiment l’actualiser. Ce qui lui manque, c’est l’interprétation, le petit quelque chose en plus qui lui permettrait de dépasser ce simple statut de copier/coller.

Amoureux de la culture au sens large, je tente de pratiquer à la fois approfondissement et élargissement, sans que jamais ce ne soit sale. Né la même année que la chute de mur de Berlin (coïncidence ? pas sûr…), j’ai été bercé par Picsou Magazine, les Tortues Ninja, les Minikeums, Pokémon ou encore Final Fantasy VII. J’ai tendance à écrire et parler plus que nécessaire, je vais donc me contenter d’ajouter que je suis aussi professeur des écoles.
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