You Must Build a Boat

The Boatman’s Call

Développeur : EightyEightGames

Éditeur : EightyEightGames

Genre : Match-3 nautique ; Puzzle-game rpgesque

Plateforme : Android, iOS, OS X, PC

Sortie : Juin 2015

Synopsis

A bord de votre barque, résolvez les puzzles à travers le donjon pour agrandir votre bateau et son équipage.

Critique

Y a-t-il besoin de présenter le principe du match-3 ? Ce mécanisme, qu’on trouve dans Bejeweled ou Candy Crush Saga, est aussi intuitif qu’addictif, ce qui explique sans doute en bonne partie le succès des jeux susmentionnés. Le but, dans ces jeux, est d’aligner trois symboles similaires afin de déclencher des réactions qui parfois s’enchaînent en combos délirants. Parties courtes, faciles d’accès, gratuites mais parfois associées à du paiement pour aller plus vite, sans que cela ne soit nécessaire. Mais bon, pour prendre l’exemple de Candy Crush, sans doute le plus célèbre, on nous incite quand même à mettre la main au portefeuille à tout bout de champ de manière assez intrusive.

You Must Build a Boat reprend cette mécanique simpliste d’association et l’associe à l’esthétique du jeu 8-bits si chère au jeu indépendant actuel, marque de fabrique autant que choix marketing. Vous commencez à bord d’une petite barque, et voulez voyager bien trop loin pour la capacité de votre moyen de locomotion. Il va falloir l’améliorer et s’entourer de professionnels afin d’atteindre votre but. Première différence avec certains jeux sur réseaux sociaux qui ne vise qu’à la répétition sans fin, il y a ici un objectif et une fin potentielle, ainsi qu’une forme de scénario qui apporte tout de suite une autre saveur et d’autres enjeux.

Vous commencerez petit...

♪ Oh mon bateau, oh, oh, oh ♪

On se lance à l’aventure, et en haut de l’écran, on voit notre petit personnage en pixels s’aventurer dans un donjon, courant de gauche à droite. L’univers choisi sera médiéval-fantastique, sans grande surprise ni grande originalité, et ce jusqu’à la fin.

Les symboles à réunir pour avancer dans les donjons.

Dans celui-ci, il vous faut affronter des monstres ou ouvrir des coffres au trésor, et surtout remplir les quêtes proposées pour avancer jusqu’à la prochaine étape. Le reste de l’écran, outre vos quêtes en cours (vous pouvez en activer de une à trois en même temps, rendant le niveau plus ou moins difficile), est composé de la grille où il vous faut aligner les éléments, minimum trois, comme dans la plupart des jeux du genre. Pour les aligner, vous allez bouger les lignes entières de manière horizontale ou verticale, de manière donc assez différente, pour reprendre l’exemple, de Candy Crush, ce qui modifie la mécanique de gameplay dans son utilisation. Ce qu’il faut aligner, ce sont soit des épées et des sceptres magiques (pour combattre les ennemis), soit des clés (pour ouvrir les coffres plus ou moins cadenassés), soit de la volonté, de la puissance ou encore des caisses vous apportant de ponctuels bonus. On est bien plus actif que dans nombre de match-3, avec de vrais choix qui vont dépendre de ce que l’on rencontre : certains monstres sont plus résistants à la magie, d’autres au combat physique, on va essayer de conserver certains items pour plus tard, la difficulté croit au cours du niveau… Pas mal de variables qui apportent un vrai challenge, même si l’aléatoire n’est pas totalement absent, comme dans tous les jeux du genre.

... pour finir bien plus gros.

♪ Es-tu le plus beau de tous les bateaux ? ♪

Et entre les sessions, nous gagnons de l’argent qui va permettre plusieurs choses. Améliorer nos armes, notre défense, nos sorts, mais aussi recruter les monstres rencontrés lors de nos promenades afin qu’ils nous apportent des améliorations permanentes. Il y a une vraie progression à travers le jeu, tant dans la difficulté que dans les moyens de l’affronter. A chaque fin de niveau, un nouveau membre d’équipage qui nous proposera de nouvelles options d’achat, et de plus en plus de soutien permanent qui nous permet d’aller de plus en plus lion. On va faire face à de nouveaux obstacles, des monstres de plus en plus forts, des coffres de plus en plus difficiles à ouvrir, mais aussi des pièges à déjouer, des quêtes plus ardues… Tout se fait en douceur, là encore comme dans beaucoup de jeux du genre, l’intuition de départ laisse place à une certaine maîtrise et une certaine gestion pour optimiser les runs.

Votre partie, du moins la première (on peut recommencer en augmentant la difficulté) durera environ six à huit heures addictives et répétitives. Il y a bien cet aspect « Allez, encore une, puis encore une, oh et une dernière ! ». Entre chaque niveau, la même phrase qui revient de manière assez amusante, jusqu’à une fin de parcours épique et jubilatoire qui nous ramène au début de l’aventure. Il y a presque une vraie intention dans cette fin, comme si le seul plaisir de celle-ci justifiait le parcours ardu qui l’a précédé. Un peu comme la descente en ski ou en VTT justifie l’approche de la piste, et ce malgré la différence de durée entre les deux. Sans crier au génie, You Must Build a Boat se distingue donc de la production des autres match-3 par ses visuels, l’utilisation de la mécanique, des quêtes assez variées pour ne pas lasser, et garde l’addiction propre au genre, tout en évitant certains de ses travers. Pour le prix que coûte le jeu (3 à 5 euros), on ne peut que vous le conseiller !

Amoureux de la culture au sens large, je tente de pratiquer à la fois approfondissement et élargissement, sans que jamais ce ne soit sale. Né la même année que la chute de mur de Berlin (coïncidence ? pas sûr…), j’ai été bercé par Picsou Magazine, les Tortues Ninja, les Minikeums, Pokémon ou encore Final Fantasy VII. J’ai tendance à écrire et parler plus que nécessaire, je vais donc me contenter d’ajouter que je suis aussi professeur des écoles.

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