Quicksand – Manic Compression

Prêt à vous engouffrer dans les sables mouvants ?

Voilà déjà vingt-deux ans que cet album est sorti et pourtant il n’a rien perdu de sa superbe et de son originalité. Au contraire, au vu de certaine sorties actuelles il semble même d’actualité.

Faisant suite à un Slip (pas de vannes au fond SVP) qui avait collé une bonne raclée, ce second et malheureusement dernier opus du groupe se charge de nous achever au travers des douze morceaux à la fois ravageurs et porteurs d’une grande sensibilité.

Mais avant tout pour ceux qui ne connaissent pas, Quicksand, c’est quoi ? Quicksand c’est un peu le père du post-hardcore. S’inspirant à la fois du hardcore de Fugazi et du rock métallisé de groupe tel qu’Helmet, surtout pour la puissance des riffs, le tout assaisonné d’une pointe de noise qu’Unsane n’aurait pas reniée. Bref, le groupe a une réelle identité musicale reconnaissable dès le début.  Mais loin de toutes ces considérations qu’affectionnent les magazines et critiques rock, Quicksand c’est avant tout de l’émotion sur galette, de la rage en barre, de la puissance pure, de la musique qui vous prend aux tripes point barre.

Manic Compression fait partie de ces albums qui vous parlent, qui jouent à la fois avec vos oreilles mais aussi avec votre instinct, vos émotions. Toujours sur le fil du rasoir et infatigable, la voix de Walter (ex-chanteur des Gorillas Biscuit) exprime à elle toute seule toute la rage du groupe, rage souvent contenue mais qui sait éclater dans les meilleurs moments. Jamais calmé, le chanteur peut se targuer d’être accompagné par des musiciens hors pairs, distillant des riffs hallucinants, entre noise et hardcore, donnant un son encore jamais entendu à l’époque. Entre arpèges mélodiques et déflagrations sonores voire bruitistes, tout est fait pour maltraiter nos oreilles pourtant attirées par cette orgie musicale.

Mais là où le groupe fascine encore plus, c’est dans cette facilité qu’il a à créer des morceaux d’une virulence parfois extrême, comme par exemple « Divorce », « Thorn in My Side » ou encore « Blister », morceaux faisant appel à notre instinct, joués avec une telle bestialité. Et d’un autre côté le groupe pond des titres d’une sensibilité énorme, à l’image du magnifique « Landmine Spring » (écoutez ce riff d’intro !!!) ou du splendide final « It Would Be Cooler If You Did ». Deux titres à fleur de peau, touchant et qui définiront presque les bases d’un futur style bien connu aussi aujourd’hui qu’est l’émo. D’ailleurs, les piliers de ce  genre (Texas Is the Reason, Brandston, Grade…) ont toujours cité Quicksand comme référence. Sur douze morceaux, à la fois rapides et incisifs, mélodiques et destructeurs, le groupe ne lâche jamais la pression et maintient la tension tout au long de l’album, rendant l’album emprunt d’un certain magnétisme empêchant l’auditeur de quitter l’écoute.

Excitant du début à la fin, ce Manic Compression est une œuvre ultime, façonnée par des orfèvres, des virtuoses de la musique qui se font trop rares. Ce CD aura été le dernier du groupe, un peu le chant du cygne d’un groupe qui aura marqué à jamais l’histoire du hardcore.

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