Jamaica

Moi aussi, j’aime Laïka

Auteurs : Maclolm Braff, Bruno Cathala, Sébastien Pauchon

Illustrateur : Mathieu Leyssenne

Éditeur : GameWorks

Nombre de joueurs : 2 à 6

Genre : Course dans les Caraïbes ; Parcours arrosé de rhum

Sortie : 2007

Synopsis

En février 1678, après une longue carrière dans la piraterie, Henry Morgan parvient habilement à être nommé Gouverneur de la Jamaïque, avec pour mission d’en chasser pirates et flibustiers ! Il préfère plutôt y inviter tous ses anciens « confrères » et compagnons d’armes, qui s’installent enfin pour profiter du fruit de leurs brigandages en toute impunité. Trente ans plus tard, pour fêter dignement le jubilé de sa nomination, on organise le Grand Défi, une course autour de l’île au terme de laquelle est déclaré vainqueur l’équipage ayant amassé le plus d’or dans ses cales.

Critique

Jamaica, c’est un simple jeu de parcours, ni plus, ni moins. Oui, mais un jeu de parcours intelligent, oùce n’est pas forcément le premier arrivé qui gagne. Non, car il y a plein de petits paramètres qui viennent enrichir l’ensemble. Tout d’abord, il y a le choix de l’ordre des dés, qui est un mécanisme très réussi et qui va déterminer l’ordre des actions. Premier choix pour celui qui lance les dés en fonction de ses cartes (qu’est ce qui m’arrange le plus ?), puis choix pour les autres joueurs qui, en fonction de cet ordre, déterminent eux-aussi l’action qui leur semble la meilleure. Mais dans une main limitée à trois cartes seulement, il faut donc choisir de laquelle on se débarrasse et lesquelles on garde pour un jet qui leur conviendrait peut-être mieux.

Au-delà de cette mécanique assez intéressante et qui permet une petite maîtrise du hasard, le jeu regorge de petits détails qui rendent l’ensemble très plaisant à jouer : le parcours qui se sépare, le coût des cases d’arrivée, les trésors à récolter au fur et à mesure, l’organisation des cales de chaque navire… Bref, malgré des règles simplissimes, très vite expliquées, très bien rédigées (il faut noter le travail exécuté sur celles-ci, c’est très intuitif et on trouve très vite la réponse à une question), le jeu a tout juste assez de subtilités pour en faire un jeu certes d’abord familial, mais non dénué d’intérêts et avec une réelle richesse.

Le prototype.
La carte finale.

Dans tes cales, qu’as-tu ?

Le petit point noir, c’est peut-être le système de combat. Prendre de la poudre permet un certain avantage, mais la stratégie peut être ruinée et nos doublons (qui rapportent quand même beaucoup lors du décompte final) être dérobés sur un simple jet de dé chanceux de l’adversaire qui vous envoie six pieds sous mer, alors même que cet adversaire n’avait aucun avantage au combat. Un joueur qui n’aurait donc plus rien à perdre pourrait combattre sans cesse, jouant uniquement sur sa chance aux dés (ou sur la malchance de ses adversaires), ce qui rend la partie assez désagréable. Un système comme celui de Deadwood où le combat se joue aussi aux dés, me semble plus juste, bien que la chance puisse aussi jouer, elle me semble plus maîtrisée que dans Jamaica. Les mauvais jets de dés pour les actions, eux, sont moins graves, tout le monde subissant les mêmes tirages.

Mis à part ce bémol, Jamaica est un jeu qui, selon moi, aurait pu/dû rencontrer plus de succès auprès du grand public, tant il convient à une audience familiale, tant ses règles sont simples et claires, tant le jeu apporte un vrai plaisir ludique rapide et efficace, sans être brise-neurones. Pour les gros joueurs, le plaisir est sans doute moindre, mais je considère que c’est par ce type de jeux que le public peut s’ouvrir et découvrir de nouvelles choses, parfois plus complexes. Et puis, même si on est gros joueur, quelque chose de plus light de temps à autre, ça ne fait pas de mal.

Ajoutez à cela un matériel irréprochable, et vous obtenez un des jeux que je choisirais sans doute si je devais faire découvrir le jeu de société moderne à des non initiés.

En matière de jeu light, Jamaica est sans doute ce qui se fait de mieux, ou presque. Alors oui, c’est un simple jeu de parcours et certains diront que le thème est plaqué. On pourrait bien sûr le remplacer par un autre, mais personnellement, je trouve qu’il est en parfaite adéquation avec le sentiment de jeu et les mécanismes mis en place. Même le coup d’une action le matin et une l’après-midi, assez artificiel, arrive à donner un petit plus thématique à l’ensemble.

Amoureux de la culture au sens large, je tente de pratiquer à la fois approfondissement et élargissement, sans que jamais ce ne soit sale. Né la même année que la chute de mur de Berlin (coïncidence ? pas sûr…), j’ai été bercé par Picsou Magazine, les Tortues Ninja, les Minikeums, Pokémon ou encore Final Fantasy VII. J’ai tendance à écrire et parler plus que nécessaire, je vais donc me contenter d’ajouter que je suis aussi professeur des écoles.
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